
Ah, la page de garde CE1 CE2 de l'année 2017-2018... Un souvenir que l'on pourrait comparer à un vieux pull tricoté par une grand-mère un peu gaga : c'est plein de bonne intention, un peu kitch, et surtout, on sait qu'il y a une histoire derrière! On a tous vécu ça, non?
C'était comment, déjà ?
Repensez-y. La page de garde. Ce petit bout de papier, souvent A4, parfois plus grand si l'enfant était particulièrement ambitieux (ou si la maîtresse avait une photocopieuse qui aimait jouer avec les formats). Elle marquait le début d'un nouveau cahier, d'une nouvelle matière, d'une nouvelle aventure scolaire! Un peu comme l'affiche d'un film, mais en beaucoup moins glamour et avec beaucoup plus de feutres qui bavent.
On s'en souvient tous. C’était l'occasion de laisser libre cours à sa créativité, même si ladite créativité se limitait souvent à un soleil avec des lunettes de soleil et un bonhomme bâton qui ressemblait plus à une allumette mal éteinte qu'à un être humain.
CE1 CE2, c'est l'âge où l'on apprend à écrire "Géographie" sans oublier le tréma et à dessiner un angle droit sans qu'il ressemble à une montagne russe. C'est l'époque bénie où on peut encore coller des paillettes sans que personne ne nous regarde de travers (bon, sauf peut-être le voisin de table qui en retrouve partout). 2017-2018... on était encore loin de toutes les folies TikTok! On se concentrait sur le "fait maison", le "découpé-collé".
Les Incontournables de la Page de Garde
Il y avait des éléments obligatoires. Un peu comme les ingrédients d'une bonne recette de crêpes :

- Le nom de la matière (en général, en lettres capitales, avec des couleurs qui piquent les yeux).
- Le nom de l'élève (parfois oublié, ce qui donnait lieu à des enquêtes dignes de Sherlock Holmes pour retrouver l'auteur de ce chef-d'œuvre).
- L'année scolaire (invariablement entourée de petits cœurs ou d'étoiles, parce que, soyons honnêtes, l'école, c'est un peu comme une colonie de vacances... en moins bien).
Ensuite, venait la partie "customisation". Là, c'était open bar ! On pouvait dessiner des dinosaures, des princesses, des voitures de course, des Pokémon... bref, tout ce qui nous passait par la tête à cet instant précis. C'était un peu comme décorer un sapin de Noël : on accrochait tout ce qui brillait, sans trop se soucier du bon goût (parce qu'à cet âge-là, le bon goût, on ne sait pas trop ce que c'est, et c'est tant mieux!).
Et puis, il y avait le drame. Celui qui survient quand on se rend compte, à la dernière minute, qu'on a fait une faute d'orthographe monumentale. Genre "Matématic" au lieu de "Mathématiques". Là, on avait deux options : soit on essayait de camoufler la bourde avec un gribouillage artistique savamment orchestré (et qui, en général, rendait la faute encore plus visible), soit on demandait à la maîtresse une nouvelle feuille, en espérant qu'elle ne nous lance pas un regard noir digne d'un film d'horreur.

Pourquoi c'était important ?
Au-delà de l'aspect esthétique discutable (soyons francs), la page de garde avait une fonction beaucoup plus profonde. C'était un moyen pour l'enfant de s'approprier son cahier, de le rendre unique, de dire : "C'est le MIEN !". C'était un peu comme mettre son nom sur un sac à dos : on le revendiquait comme notre propriété. C'était le début d'une année d'apprentissage, de découvertes, de devoirs (aïe), mais aussi de rires et de copains.
Alors, la prochaine fois que vous retrouvez une vieille page de garde CE1 CE2 2017-2018 au fond d'un carton, ne la jetez pas tout de suite. Regardez-la attentivement. Vous y verrez peut-être un peu de votre propre enfance, un peu de vos rêves, un peu de vos maladresses, et beaucoup de nostalgie. Et qui sait, ça vous donnera peut-être envie de ressortir vos vieux feutres et de laisser libre cours à votre propre créativité... même si vous avez dépassé l'âge de mettre des paillettes (ou pas!).