Alors, on va se parler de Médée. Oui, cette Médée. Celle qui a un peu, beaucoup, passionnément… exagéré. Mais avant de plonger dans le bain de sang (littéralement!), parlons de quelque chose de plus relatable. Vous avez déjà été invité à un mariage où vous saviez que ça allait finir en catastrophe ? Genre, le genre de mariage où la mariée lorgne un peu trop sur le témoin et où le marié a déjà envoyé un SMS coquin à son ex ? Médée, c'est un peu ça, mais puissance mille. Et avec des enfants au milieu. Ouch.
Médée: Un résumé pour les âmes qui n'ont pas envie de relire le livre (et on vous comprend)
Médée de Corneille, c'est pas une promenade de santé. C'est plutôt une course d'obstacles dans un champ de mines émotionnelles. En gros, on a Jason, le beau gosse (enfin, dans la pièce, il est surtout décrit comme un sacré opportuniste) qui se lasse de Médée. Après l'avoir aidé à récupérer la Toison d'or (un peu comme si elle l'avait aidé à rédiger son mémoire hyper important), et lui avoir donné deux enfants, il décide de se marier avec Créüse, la fille du roi Créon. Pourquoi? Parce que c'est plus pratique, plus royal, plus... moins Médée, quoi.
Acte I: La colère monte comme une mayonnaise qui tourne
On rencontre Médée au début de la pièce, et elle est… comment dire… vexée. Imaginez-vous : vous avez aidé votre mec à réussir, vous avez tout sacrifié pour lui, et il vous largue pour une jeunette avec un papa puissant. Vous seriez content(e) ? Non. Médée, c'est pareil, sauf qu'elle a le sang chaud et une connaissance pointue des plantes vénéneuses.
Elle se lamente, elle tempête, elle menace. C'est le festival des tirades bien senties. On sent que la coupe est pleine. On pourrait presque lui apporter une camomille. Presque.
Acte II: Les négociations (ratées) et les plans machiavéliques
Créon, le roi, sent le vent tourner et veut exiler Médée et ses enfants. Il voit bien qu'elle est du genre à ne pas se laisser faire et qu'elle pourrait mettre le bazar dans son royaume. Du coup, il essaie de la renvoyer chez elle. Mais Médée, rusée comme un renard, obtient un sursis de 24 heures. Vingt-quatre heures. C'est le temps qu'il lui faut pour mijoter son plan diabolique. On imagine bien la scène: elle, devant son chaudron, en train de concocter des potions et de penser à toutes les manières possibles de se venger. Un peu comme nous quand on prépare une réponse cinglante à un mail qu'on aurait pas dû recevoir.

Pendant ce temps, Jason essaie de calmer le jeu. Il va voir Médée et lui fait un discours bidon sur le bien des enfants, la raison d'état, blablabla. En gros, il essaie de lui faire avaler la pilule. Mais Médée, elle a la pilule amère en travers de la gorge. Elle ne le croit pas une seconde. La conversation est tendue, comme un débat de famille à Noël.
Acte III: Le cadeau empoisonné (littéralement)
Médée, sous couvert de vouloir faire la paix (oh, la belle hypocrite!), envoie à Créüse une robe et un diadème magnifiques, mais empoisonnés. Imaginez le truc : vous recevez un cadeau de votre belle-mère que vous n'aimez pas... et il vous tue. C'est le bouquet final! Créüse revêt les présents, et là, c'est le drame. Elle est consumée par le poison, dans des souffrances atroces. Créon, en voulant la secourir, est contaminé et meurt lui aussi. C'est le carnage.

Le message est clair : ne jamais, JAMAIS, sous-estimer une femme blessée (et encore moins une magicienne qui a des connaissances en herboristerie).
Acte IV: Le point de non-retour et le remords (ou pas)
Après le massacre de Créüse et Créon, Médée commet l'irréparable: elle tue ses propres enfants. Là, on est au-delà du divorce qui tourne mal. Elle le fait pour punir Jason, pour le priver de sa descendance, pour le détruire complètement. C'est un acte d'une violence inouïe, qui choque même les personnages de la pièce. Même les spectateurs, d’ailleurs! On se demande où s’arrêtera la folie vengeresse de Médée.

Jason arrive sur scène, désespéré. Il réalise l'étendue de sa bêtise. Il a tout perdu. Mais Médée, elle, ne montre aucun remords. Elle a atteint son but. Elle s'envole sur un char tiré par des dragons (oui, des dragons! Le 17ème siècle avait le sens du spectacle), emportant avec elle les cadavres de ses enfants, laissant Jason seul avec sa culpabilité. Un peu comme quand vous gagnez une dispute mais que vous vous sentez quand même mal après.
Acte V: La conclusion (sombre et implacable)
Jason est réduit à l'état d'épave. Il n'a plus rien. Médée a tout détruit sur son passage. La pièce se termine sur un sentiment de désolation et d'horreur. C'est pas vraiment le genre de fin qui vous donne envie de chanter et de danser. C'est plutôt le genre de fin qui vous donne envie de vous enfermer chez vous et de regarder une comédie romantique pour oublier tout ça. Et de ne plus jamais fréquenter un mariage dont vous sentez venir les ennuis.

Morale de l'histoire (enfin, des histoires):
Alors, qu'est-ce qu'on retient de tout ça ?
- Ne jamais tromper une femme avec des pouvoirs magiques. C'est une règle de base.
- Ne jamais sous-estimer la vengeance d'une personne blessée. Ça peut aller très loin.
- Les cadeaux empoisonnés, c'est pas une bonne idée. Surtout s'ils sont littéralement empoisonnés.
- Parfois, il vaut mieux accepter de perdre une bataille que de gagner une guerre qui vous détruit. Jason aurait peut-être dû se contenter de Médée...
Médée, c'est une pièce qui nous parle de passions destructrices, de vengeance aveugle, et de la fragilité des relations humaines. C'est un peu comme un épisode de télé-réalité qui aurait mal tourné, mais avec des dragons et du poison. Et avouez-le, au fond, on aime bien regarder ce genre de choses (de loin, très loin). Après tout, ça nous rappelle qu'on n'est pas les seuls à avoir des problèmes de couple… même si les nôtres sont rarement aussi sanglants. Dieu merci!
Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez au bout du rouleau à cause d'une rupture, rappelez-vous Médée. Vous vous direz peut-être que, finalement, votre situation n'est pas si terrible. Et puis, ça vous donnera des idées… non, je plaisante ! Ne tuez personne, voyons! Contentez-vous de regarder une comédie romantique et de manger une glace. C'est beaucoup moins risqué.